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Magalie Halley, “l’embellisseuse” d’habitats

septembre 4, 2019
Article rédigé par  
admin

Les aidants familiaux, par leur vécu singulier, sont mieux à même de trouver les solutions qui leur conviennent le mieux. Ces solutions, certains s’en servent pour aider d’autres aidants comme eux à chercher les ressources nécessaires pour passer concrètement à l’action. C’est le cas de Magalie Halley, une femme pleine d’allant et d’idées dont nous retraçons ici le parcours singulier et inspirant. Rencontre. 

C’est un projet familial que Magalie Halley, 42 ans, a bâti pour permettre à Gratienne, sa grand-mère de 88 ans, de trouver l’aide nécessaire pour assurer son autonomie au quotidien. La jeune femme habite près d’Angoulême, en Charente, avec Benoît, son compagnon, et Octave, leur fils de 14 ans. À exactement vingt minutes en voiture de Gratienne. Avant qu’elle déménage, celle-ci habitait en région parisienne, près de sa fille, la mère de Magalie. 

« C’est elle qui s’en occupait au quotidien, en plus de son boulot. Malheureusement, elle n’a jamais osé demander de l’aide, pensant pouvoir toujours tout assumer toute seule. Sauf une fois pour laquelle elle a rencontré une assistante sociale qui lui a permis de mettre en place, pour ma grand-mère, l’allocation personnalisée d’autonomie. L’opération que ma mère a ensuite eu, a provoqué des effets néfastes sur sa santé qui s’est rapidement dégradée.  Et elle est décédée brutalement », dit-elle avec beaucoup d’émotion. Magalie a eu besoin de donner du sens à ce décès en regroupant sa famille autour de son projet. « Au début, ma mère avait l’intention de venir avec mon père pour passer leur retraite en Charente, en emmenant ma grand-mère avec eux », poursuit-elle. 

Ça déménage !

Mais passer de la théorie à la pratique n’a pas été très simples ! Après des remises en question et de longues discussions avec son père (et sa sœur), celui-ci a accepté de venir s’installer en Charente avec Gratienne. Magalie leur a déniche une maison, ayant dans l’idée de transformer le garage en studio pour sa grand-mère. « Le but étant que chacun garde son intimité, tout en habitant à côté l’un de l’autre », explique notre interlocutrice. En accord avec sa grand-mère, elle a pensé l’aménagement de son nouvel appartement. « Rien n’a été fait sans qu’elle soit consultée ou donne son avis », dit-elle, ajoutant que la cohabitation sous le même toit, pendant les neuf mois de travaux, n’a pas toujours été évidente. « Mais ils ont réussi à survivre malgré tout ! » constate Magalie avec humour. 

La santé de Gratienne

La jeune femme a mis en place un réseau d’aide en fonction de ce que chacun est capable d’apporter. Concrètement, son père vient voir Gratienne matin et soir “pour la petite visite de routine”. Il se charge des courses en plus de la livraison des repas réalisé par l’Aide à domicile en milieu rural (ADMR) – un réseau associatif de service à la personne- proche de chez elle. Une aide à domicile de cette structure vient au moment du lever et du coucher, et pour faire le ménage. « Ce qui soulage mon père. Pour le reste, ma grand-mère reste assez autonome. Elle prépare elle-même son dîner. Mais elle tient à ses petites habitudes. Rester seule ne la gêne pas », assure sa petite-fille qui lui rend visite une fois par semaine le samedi après-midi, l’occasion de prendre le thé.
S’il y a un sujet qui l’inquiète, c’est bien sa santé. « En plus des chutes qu’elle peut faire, ma grand-mère est assez fragile du côté de l’appareil respiratoire. Papa a tardé à m’en informer. Elle a dû être hospitalisée durant trois semaines et quand elle est revenue, elle portait un appareil pour lui fournir de l’oxygène vingt-quatre heures sur vingt-quatre », raconte Magalie. 

Depuis, le père comme la fille n’hésitent plus à aborder ce sujet et ils ont mis au point la répartition des tâches. « Papa assure les rendez-vous médicaux, il lui prépare ses médicaments pour la semaine. En revanche, il se sentait gêné de l’accompagner chez le médecin car il estimait que cela touche à son intimité. Je reprenais donc la relève », ajoute-t-elle. Les choses ont bien évolué depuis. Depuis l’infarctus de sa grand-mère en janvier, Magalie sollicite un médecin généraliste de proximité. Ce dernier passe, une fois par mois, la voir directement chez elle. « Il y a maintenant une telle confiance que le docteur l’appelle par son prénom et l’embrasse ! », se réjouit la jeune femme.

Moi, aidante ?  

Avec sa sœur qui habite toujours en région parisienne, Magalie gère la partie administrative qui, elle, peut se faire à distance. « Il y a énormément de papiers à remplir, ce qui est chronophage ! Dès que mon père et ma grand-mère nous ont rejoints, je suis devenue la chef d’orchestre de toute cette organisation. Je suis une aidante familiale mais cela n’a pas été évident de le comprendre, de me considérer comme telle et de l’admettre », souligne l’intéressée. En parallèle, elle participe également à Angoulême à un groupe de parole destiné aux aidants et elle a créé le blog lamaisondegratienne.fr. Son but : mettre des mots sur les émotions, partager ses avancées et son vécu avec d’autres personnes qui vivent cette situation d’“aidance” vis-à-vis de leur(s) proche(s). « Mon souhait est d’informer et raconter mon histoire pour que cela puisse toucher d’autres aidants familiaux. J’aimerais pouvoir les aider à dépasser leurs difficultés, leur permettre d’utiliser leurs expériences personnelles comme une force et les pousser ainsi à passer à l’action », insiste-t-elle

Chaque expérience est utile 

Après dix-sept ans comme designer couleur/matière  dans le secteur de l’automobile, Magalie s’est lancée comme indépendante. Ce qu’elle a pu mettre en place pour sa grand-mère, en prenant en compte ses besoins, elle rêve dorénavant de le mettre au service des autres. Son goût des proportions et des couleurs, cette “qualité-compétence”, elle veut maintenant l’utiliser pour humaniser et rendre plus accueillant les lieux de vie des personnes en situation de dépendance. « Il est important de tirer profit de chaque expérience et d’en faire quelque chose de positif et d’utile. Ce qui m’importe maintenant, c’est de créer de l’harmonie et du bien-être, notamment pour les personnes âgées qui entrent dans des institutions et pour leurs proches qui les accompagnent. Si quelqu’un se sent bien accueilli, il sera dans de meilleures conditions pour décider par lui-même et pour lui-même, afin de choisir ce qui lui convient le mieux », assure-t-elle. 

La force du collectif

Aimotif, c’est la marque qu’elle a lancé depuis quelques semaines.:« Mon but de créer des ponts, des synergies, et de collaborer avec des gens et des institutions qui ont les mêmes intentions que moi. Ensemble, nous pourrons aller beaucoup plus loin pour identifier les ressources et mettre en place les solutions adaptées aux besoins des aidé(e)s et des aidants. » Magalie l’assure, ce projet, qui a vu le jour grâce à sa grand-mère, lui permet de plus en plus de trouver sa place. Elle ne sait pas où tout cela la mènera mais elle y va, avec une foi et une conviction inébranlables, pour contribuer, à sa façon, à faire évoluer en profondeur la société autour de la question des aidants/aidés. Pour le meilleur !

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